Munduk: randonnée, dadar et bestioles!

22 sept

Nous sommes arrivés dans le minuscule village de Munduk un jeudi après-midi ensoleillé; le chauffeur que nous avions engagé pour nous y conduire a eu un peu de difficulté à trouver l’endroit! Nous ne  savions pas trop à quoi nous attendre, j’avais seulement lu qu’à Munduk, nous serions dans une région assez montagneuse, où il était possible de faire des randonnées guidées en nature et de voir des plantations de café, de cacao, de vanille et de clou de girofle…

Ce n’est que depuis peu que le minuscule village de Munduk apparaît dans les guides touristiques.  En effet, la promotion et l’expansion touristique dans le coin est pas mal l’oeuvre d’un seul homme: Nyoman Bagiarta, le propriétaire de Puri Lumbung Cottages. Si vous suiviez l’émission Partir Autrement l’année dernière, sur TV5, vous avez peut-être vu Bruno Blanchet y séjourner, dans des anciens greniers à riz… Quoique intéressant, ce n’est malheureusement pas l’offre d’hébergement la plus rentable sur place (à partir de 85$ US) alors nous avions, pour notre part, opté pour un logement beaucoup plus modeste (35$ US par soir).

Un coin de notre petite chambre d’hôte

Nous gardons de Munduk certains de nos plus mémorables souvenirs de Bali! D’abord, parlons-en de cette chambre à bas prix, qui nous en a fait voir de toutes les couleurs! Meme Surung Homestay est un logement chez l’habitant, dans de petites cabines d’inspiration néerlandaise, où vos voisins sont des locaux… et leur chien de garde. :-)  Pour vous mettre dans l’ambiance, voici un petit extrait de mon journal de voyage:

«Ça a été le choc lorsque nous sommes arrivés à notre chambre d’hôte hier! Il s’agit d’une vieille petite maison de type hollandaise avec un peu trop de fentes (salle de bain ouverte à côté d’un jardin, portes qui sont plutôt des volets, trous béants entre la fondation et le toit), où peuvent entrer fourmis, lézards, oiseaux, etc. À chaque jour, on a l’impression qu’un oiseau qui vit dans le toit fait ses besoins à côté du lit, mais on ne le voit jamais; est-ce vraiment un oiseau? Impossible de laisser entrer aucune nourriture, sous peine d’invasion de fourmis (ou de rats, nous dit le dépliant dans la chambre) - et une mouche morte reposant sur le sol, à noter, peut également être considérée comme de la nourriture pour une fourmi (cas vécu). Mais on l’apprivoise, notre petite cabane, et finalement ce n’est pas si mal! La petite terrasse avec vue est d’ailleurs très agréable; le soir, ça sent les fleurs et durant le jour, il y a des effluves d’encens et le vent plus frais des montagnes.»

Vue de la terrasse, entre les arbres

À cette description il faudrait ajouter que, chaque matin, nos sacs que nous laissions traîner sur un lit jumeau inutilisé dans la chambre étaient recouverts de sciures de bois laissant sous-entendre la présence de termites dans le toit. Chaque soir, chéri faisait le guet en lisant pendant quelques heures pendant que j’essayais de m’endormir sous notre moustiquaire, avec la mélodie des jappements des chiens du voisinage. Au réveil, nous prenions le tout en riant, en écoutant «Les fourmis» de Jean Leloup… Et puis le fameux bruit dans le toit que l’on entendait aux cinq minutes (était-ce un rat? un serpent?), c’était probablement juste l’espèce d’énorme criquet brun de 3-4 pouces de longueur qui est tombé du plafond, le matin de notre départ… ;-)

Ares Ayam: délicieuse soupe au poulet et aux pousses de bambou!

Si nous avons véritablement aimé Munduk, ce n’est pas à cause de notre logement, mais surtout pour les découvertes inattendues que nous y avons fait et pour le plaisir de déambuler calmement dans un village balinais authentique sans se faire rappeler chaque seconde par les locaux que nous sommes des étrangers. En marchant sur la route principale, un après-midi, par exemple, on sent le bon café fraîchement moulu et on s’aventure dans une entrée privée d’où provient l’odeur. On découvre alors une minuscule fabrique de café et on s’en fait offrir à la table des propriétaires, avec de petites sucreries maison. On aime.

Petite rue où se trouve notre warung favori et celui où nous avons suivi un cours de cuisine

Le meilleur mie goreng ever!

On mange délicieusement bien au petit restaurant de notre homestay, même si le soir il faut sortir le chasse-moustique et les manches longues, à cause du vent plus frais des montagnes. La vue est magnifique et on y contemple d’ailleurs le plus beau coucher de soleil du voyage. Sur la petite rue en bas de notre chambre d’hôte, nous avons, un midi, dîné dans un petit warung où il n’y avait qu’une seule table. Une jeune fille d’à peine 20 ans nous a servi un mie goreng mémorable! Et puis il y a eu cette magnifique randonnée matinale guidée, dans la vallée, pour aller voir les chutes et diverses plantations… 

Muscadier

Vanillier

C’est de cet arbuste très piquant que provient le salak ou snakefruit, un fruit originaire d’Indonésie. Lorsque l’on enlève la pelure cuirassée, rugueuse et brunâtre (qui rappelle la peau d’un serpent), on découvre un fruit dont la texture ressemble à des gousses d’ail dont on aurait enlevé les peaux sèches. Pas très juteux, le salak a une odeur et un goût qui nous rappelle un peu la fraise!

L’une des chutes de Munduk…

À Munduk, j’avais envie de suivre un deuxième cours de cuisine. Notre hébergement proposait les cours offerts chez Puri Lumbung Cottages, mais nous n’avions pas envie de dépenser un autre 25$ US par personne. Par pur hasard, dans le petit local qui sert d’«office du tourisme» du village, nous avons vu sur une affiche que des locaux offraient le vendredi soir un «cours de desserts balinais» pour 5$ US. Nous n’avons pas hésité une seconde!

Nous avons été reçus avec courtoisie et gentillesse par le propriétaire d’un petit warung et d’une chambre d’hôte, qui servait d’interprète pour la grand-maman qui nous donnait notre cours de cuisine et qui ne parlait pas un mot d’anglais! En quelques heures, nous avons rapidement appris à faire des dadar, des crêpes au pandan farcies d’un mélange de noix de coco et de sucre de palme, ainsi que des pisang goreng ou bananes frites. Grand-mère a eu beaucoup de plaisir à voir mon homme flipper ses crêpes vertes dans les airs, et m’a alors confirmé qu’il était bon à marier… ;-)  

Infusion de feuilles de pandanus (qui donne la couleur verte à plusieurs desserts indonésiens)

À l’intérieur des dadar: noix de coco et sucre de palme

On apprend à rouler les petites crêpes!

Difficile de s’empêcher de regarder dehors en cuisinant, quelle belle vue!

On fait bouillir l’huile pour les bananes frites…

Pisang goreng à l’étape de la friture!

Le résultat, rehaussé de sirop de sucre de canne!

Munduk, à retenir:

  • Le village vaut vraiment le détour, ne serait-ce que pour aller faire des randonnées guidées en pleine nature; votre logement vous en proposera de tous les niveaux, allant de quelques heures à une journée entière.
  • Puri Lumbung cottages: c’est probablement l’un des meilleurs logements dans le coin, si vous en avez les moyens. Notez par contre que l’endroit fait très «reconstitution de village traditionnel», ce qui semble plutôt artificiel à Munduk, puisque le village ne peut pas être plus authentique…
  • Petit bémol: je dois malheureusement déconseiller à toute personne ayant peur des chiens de visiter la ville de Munduk! Les habitants ont presque tous des chiens de garde, et croyez-moi, ils ne sont jamais de bonne humeur! De quoi donner la frousse, même à ceux qui adorent les toutous… Il faut tout simplement éviter de les regarder!

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5 réponses à “Munduk: randonnée, dadar et bestioles!”

  1. Geneviève 23 septembre 2011 à 19:52 #

    Quel plaisir que de lire ce blogue! Merci de nous livrer tous ces souvenirs de voyage par petites tranches et de nous offrir un peu d’exotisme pour briser la routine automnale qui s’installe…

  2. Les Aventures de Nadz ! 24 septembre 2011 à 19:19 #

    J’ai adoré ton blog, bien écrit et nous permet de voyager à travers toi. Je n’aime pas les blogues de voyage habituellement mais je m’inscris au tien, Super !

  3. laderoutee 25 septembre 2011 à 14:41 #

    @Geneviève et @Nadz: Merci beaucoup!!! :-)

  4. Pepy @Indonesia Eats 18 décembre 2011 à 17:47 #

    Nice to see Bali pictures here!

    Actually, there are two kind of leaves that traditionally use in Indonesian snacks and desserts, pandan and suji leaves. Pandan gives a good fragrant aroma while suji give the stable green color. Pandan doesn’t give a stable green color while suji doesn’t give a nice fragrant. So both leaves complete each other.

  5. laderoutee 18 décembre 2011 à 19:29 #

    @Pepy: Thanks so much for your comment! Yeah, I had a hard time in Bali trying to get more info on pandan and other leaves used for similar purposes… Someone told me they could also use cinnamon leave for similar taste, and I also heard about salam leave has an unclear substitute (but i’m still not sure what it is exactly!)… Though I am glad it’s possible to find some pandan leaves here, in some asiatic markets in Montreal, so i’ll be able to recreate home some indonesian deliciousness :)

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