Capitalisme, communisme et socialisme avec des baguettes

«En parcourant les rues, je voyais Suzhou de nuit s’illuminer et s’assombrir. Il y avait de grands restaurants d’où filtraient des airs d’opéra de Pékin, des néons colorant de mille feux le pavé des chaussées; tandis qu’ailleurs… la lumière pâle dans les ruelles, de vieilles femmes près des poubelles en train de ramasser des pelures de légumes. Les bruits des verres choqués accompagnaient les plats et le jeu de la mourre; mais en même temps une foule d’ombres, des numéros à la craie sur le dos, faisaient la queue jusqu’au lendemain matin devant les magasins pour une part de riz. Un grand mariage se fêtait au restaurant Le Pavillon des pins et des grues, occupant entièrement les lieux et occasionnant un alignement de voitures à cheval, triporteurs et pousse dans la rue Guanqian. La jeune mariée était vêtue d’une longue robe balayant le sol, ainsi que d’une écharpe de soie fine, et les invités s’étaient habillés de costumes bien coupés et parés de bijoux. Tandis qu’un tas de gens s’étaient blottis dans des sacs de toiles sous l’auvent du temple du Mystère; certains peut-être vivaient leur dernière nuit… Les alcools et les viandes empestent chez les riches, la rue offre des cadavres gelés (Du Fu, dynastie Tang). Ce vers connu de tous hantait mon esprit.»

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