«Conformément aux règles, il [le touriste] a, tant bien que mal, drapé un sarong sur son short, noué la ceinture traditionnelle autour de sa taille épaissie et, ainsi costumé, armé de sa caméra, coiffé prudemment d’un chapeau dont le rebord mou lui retombe sur le nez, il rappelle un peu les monstres débonnaires à l’entrée des temples, ou les personnages populaires du wayang kulit. Pour peu qu’il soit conscient de son allure, il a du mal à se fondre dans l’austère esprit des lieux – ce complexe de dix-huit temples, haut perchés dans les nuages. Et pourtant, ce qu’il voit est si étrange, et si beau ce rêve de pierre, ces centaines de tours crénelées hérissant le flanc de la montagne, que la conscience de soi qui le sépare de lui-même et de ce qui l’entoure, il va bientôt la perdre.»
-Christine Jordis, Bali, Java, en rêvant, parlant de la visite du temple de Besakih
