La ville aux balcons et les meilleurs moyens de vous soutirer 1 CUC (La Havane, Cuba)

Ça y est, je suis déjà de retour, un peu malade mais des plus souriantes, comme à chaque fois que j’ai la chance de vivre un superbe voyage! Premier arrêt: La Havane.

habana

Comment vous dire… Elle est vieille, colorée de pastel, pleine de recoins, de cachettes; on y découvre d’impressionnantes cours intérieures, des escaliers tournants derrière les portes entrebaillées ou entièrement ouvertes… C’est la ville aux balcons, au fameux Malecón,  au baseball de rue; elle me fascine encore et toujours malgré toute l’insécurité que j’y ressens.

Il faut vous expliquer: lors de mon premier passage à la Havane il y a six ans, alors que nous marchions tranquillement un bel après-midi ensoleillé (la première journée officielle de notre voyage), l’amie qui m’accompagnait s’était fait brusquement voler son sac à main… Oui, c’est le genre de chose qui peut arriver partout dans le monde; personnellement, le seul endroit où j’en ai été témoin ce fût à la Havane. Deux semaines plus tard, alors que nous logions dans une casa particular (logement chez l’habitant) du magnifique village de Viñales, nos voisins de pallier s’étaient fait voler tous leurs bagages dans leur chambre, pendant la nuit… Comprenez-moi bien, j’avais adoré mon séjour à Cuba, mais jusqu’à ce jour, c’est certainement l’endroit au monde où j’ai le plus la trouille

balcons

Lors de mon premier voyage, j’avais été surprise de constater que malgré l’apparente pauvreté de plusieurs villages cubains, il n’y avait pas vraiment de sans-abris dans la grande ville de La Havane. Oui, tout le monde semble partir sur un pied d’égalité à Cuba: les gens sont rationnés à chaque mois et font la file pour obtenir leur nourriture de base et produits d’hygiène, l’éducation et les soins de santé sont offerts gratuitement, on invente tous les emplois imaginables pour pouvoir permettre au plus grand nombre de gens de travailler… Et justement, cette « répartition des richesses » rend la majeure partie de la population pauvre; il n’y a pas de sans-abris cubains mais tout le monde connaît bien plusieurs moyens de vous obliger à donner 1 CUC (c’est-à-dire un peso convertible; à notre passage là-bas, pour 20$ CAN vous obteniez 14 CUC)

N.B Les cubains utilisent également le peso convertible; ils sont habituellement payés en pesos cubains et achetent leurs rations à un prix très bas, mais tout « excédent » doit être payé en pesos convertibles (d’où la valeur insensée que peuvent alors prendre des produits de pharmacie comme le savon ou la pâte dentifrice, les serviettes sanitaires, le matériel scolaire, les objets de loisirs, etc.)

(Musique de fond): « Guantanamera…Guajira Guantanamera… »

Le décompte des meilleurs moyens de vous soutirer « ounnn peso »:

     5. À l’hôtel, vous obliger de laisser transporter vos bagages (qui ont déjà des roulettes) sur un chariot pour les amener à votre chambre…

     4. Une alternative à la toilette payante que l’on retrouve à plusieurs endroits dans le monde: vous faire payer pour le papier de toilette (conseil: apporter votre propre papier de toilette et laisser tout de même un pourboire à la pauvre dame qui a comme emploi de nettoyer et surveiller les toilettes…)

« …Guantanameeeeeera… »

escaliers     (et les meilleurs, propres à La Havane: )

     3. Prenez garde aux caricaturistes! Si vous voyez que quelqu’un vous observe de loin pour vous dessiner, sauvez-vous et ne lui donnez pas la chance de terminer son croquis! (sous peine de vous faire suivre jusqu’à ce que vous acceptiez de lui payer son « travail »…)

     2. Il ne faut jamais photographier une femme portant le costume traditionnel sans savoir que son image est payante. Elles ont l’air très inoffensives les charmantes vieilles dames aux énormes cigares, mais elles courent vite!

     1.   Il existe dans certains musées de fausses barrières « ne franchissez pas cette corde »; en fait, un grand nombre de gardiennes de musée très souriantes seront plus qu’heureuses de vous les faire franchir « en secret » pour vous photographier des tonnes de fois devant à peu près n’importe quoi et ensuite réclâmer leur dû…

 » …Guajira Guantanameeeeeeera… »

     Au fait, je vous dit un peu tout cela à la blague, car il faut s’attendre à de tels comportements lorsque l’on fait une visite guidée ou que l’on se place dans une position où l’on est directement identifiés comme « touristes ». Je dois vous avouer que la prochaine fois que j’y retourne (car oui oui, j’ai encore l’intention d’y retourner!) je resterai plusieurs jours à La Havane pour la parcourir et l’explorer encore davantage; malgré ma peur, les infortunes et les arnaques,  cette ville est magnifique et ne cesse de titiller ma curiosité!

balcon

Nouveau départ… et le premier voyage d’une valise rose

Non non, je ne parlerai pas de la situation politique des États-Unis, même si j’ai moi aussi suivi avec émotion la journée historique d’hier! Ce « nouveau départ », c’est le mien(!) Ce matin, j’ai appris que mon mémoire de maîtrise sur lequel j’ai travaillé pendant près  de 4 ans a finalement été accepté à l’unanimité et sans aucune correction! Je suis vraiment émue par les commentaires reçus (et tout ce que cela signifie pour moi!) et même si ça ne faisait pas partie du sujet de ce post, c’est pourtant la nouvelle que j’ai envie de crier sur les toits!!!

valiserose

Il y a déjà trois ans, j’ai publié (indépendamment de mon projet de maîtrise) aux éditions Mémoire d’encrier un recueil de poésie intitulé La déroutée (c’est d’ailleurs ce titre, vous vous en doutez, qui a inspiré le nom de ce blog…)  L’idée d’apprendre sur soi-même et de grandir en sortant et même en se perdant « hors des sentiers battus », « à l’extérieur de sa propre zone de confort » par le voyage, les mots, par l’imagination aussi, a toujours été au centre de mon quotidien. Prendre le bus voyageur, le train ou l’avion, (et en ce sens aussi, choisir d’écrire ou de créer, peut importe la forme que cela prend) pour moi, c’est comme revenir à quelque chose d’essentiel à ce que je suis; partir a pris tout son véritable sens lorsque j’ai constaté que je partais non pas pour fuir mais bien pour mieux revenir chez moi, ou pour mieux me dessiner.

Maux de dos obligent (quel malheur, je n’ai pas encore 30 ans et déjà mon corps me puni d’avoir fait la paresseuse dans les derniers mois!), j’ai remisé mon backpack et me suis procuré une toute nouvelle valise à roulettes qui a bien hâte d’entamer son premier voyage! Dans sa pochette avant, il y a le plus récent livre de Bruno Blanchet, La Frousse autour du monde (dont je vous reparlerai certainement à mon retour), quelques revues à potins(!) et puis – peut-être un indice sur la destination – Le vieil homme et la mer, un classique d’Ernest Hemingway…