Des mangas pour les gourmands

Aya Kisaragi est une conseillère culinaire avec du caractère. Travaillant pour la société Food Project, elle doit enseigner les rudiments du métier à son naïf stagiaire Ippei Komaï, tout en réussissant chacune de ses interventions visant à remettre sur pieds des restaurants (ou des chefs) qui en ont vraiment besoin. Tout comme Ippei, c’est par étapes que nous apprenons à connaître autant le personnage d’Aya que ses plans souvent imprévisibles.

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Captivantes Cartes postales

« C’est probablement ça aussi, l’identité. Voir son reflet tous les jours dans 25 paires d’yeux bridés qui n’ont encore rien vu et ne pas s’y reconnaître tout à fait. »

Marie-Julie Gagnon, Cartes Postales d’Asie

Il attendait depuis plusieurs mois sur ma table de travail et je me disais: « si je lis le livre de Marie-Julie c’est CERTAIN que je ne pourrai plus résister à la tentation d’aller en Asie »! (Bon, vous savez maintenant ce qui s’est produit!) J’ai finalement dévoré les Cartes Postales d’Asie en deux petites journées à Gaspé cet été – je continue de croire que la meilleure chose à lire, lorsque l’on est soi-même en voyage, est un autre récit de voyage!

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On adore notre métropole kitsch!

Vous l’avez sûrement déjà vu; depuis sa récente parution, il scintille dans les premiers étalages de toute bonne librairie. Sébastien Diaz a eu l’excellente idée de rédiger le tout premier guide touristique axé sur la « kitschitude » de Montréal. C’est vraiment avec plaisir que l’on parcourt ce large portrait des lieux de la métropole qui sont encore témoins du passé; on aurait même aimé voir encore plus de photos.

Après avoir feuilleté Montréal Kitsch je réalise que…

  • je ne suis jamais allée au Casino de Montréal
  • je dois impérativement retourner chez Orange Julep
  • je veux découvrir le Jardin Tiki, le Miami Deli, et surtout retourner chez Wilensky’s!!
  • je dois absolument aller faire un tour au Marché Haïtien Épicerie Vaudou tout près de chez moi!
  • ça fait trop longtemps que j’ai mis les pieds au Vieux St-Denis!
  • je ne retrouverai jamais dans les stades de baseball américains le même charme que celui de manger une poutine avec une queue de castor au son des « popcorn maïs soufflé » accompagnant les Expos au Stade Olympique…
  • j’ajouterais à la section « où boire un verre » la splendide Taverne Jarry et sa machine du genre « lave-auto » pour nettoyer les bocks de bière…

montrealkitsch

Une petite déception par contre: je dois vous avouer que j’ai hésité à acheter le livre quand j’ai vu qu’il coûtait 30$ (probablement à cause du joli brillant sur la couverture) et que son intérieur avait déjà l’air vieux… En le lisant en plus, l’odeur de ce papier que l’on dit « enviro 100% postconsommation » n’est vraiment pas agréable… Dis, c’était pour donner un look rétro à mon livre plus rapidement que les pages sont déjà jaunes? Non mais sans blague, à ce prix-là (ce n’est quand même pas un journal) et avec un contenu si intéressant, j’aurais aimé du papier de meilleure qualité.

Perdue dans le don de soi

– Qu’est-ce que tu fais dans la vie?

– Massothérapeute.

– T’es masseuse?

– Massothérapeute.

Règle générale, je me mets dans tous mes états quand quelqu’un confond les deux termes. Ma formation professionnelle m’a coûté assez cher comme ça, je ne veux pas en plus qu’on sous-entende que je masturbe des hommes d’affaires pour gagner ma vie. Mais j’ai simplement corrigé Yannick sans rouler des yeux, sans ajouter dans ma tête « massothérapeute, triple con ».

Maia LOINAZ, La massothérapeute

Si vous me connaissez un tant soit peu, vous vous doutez que je ne pouvais tout simplement pas passer à côté de ce livre! J’ai couru à la librairie dès que j’ai appris l’existence du premier roman de Maia Loinaz; il faut avouer que les romans où la protagoniste est une massothérapeute ne sont pas très courants! (D’ailleurs, si vous en connaissez d’autres, faites-moi signe!) J’avais bien hâte de voir si La massothérapeute allait réussir à séduire la littéraire et/ou la praticienne en massothérapie en moi…

Résultat: j’ai passé d’agréables heures avec le récit de Maia Loinaz, qui a su m’arracher quelques fous rires malgré toute la frustration et la blessure de Martine, massothérapeute désabusée et insatisfaite de son quotidien, de son travail et de ses amours. La massothérapeute en moi a été charmée par les nombreux et justes clin d’oeils à la profession, par le regard « anatomique » que la protagoniste porte sur les autres bien malgré elle; la littéraire en moi a apprécié le talent de la jeune écrivaine qui réussit à nous faire rire à maintes reprises à travers la grande désillusion de son héroïne.

massothérapeute

La quatrième de couverture, qui nous promet un « roman parfumé à l’huile essentielle avec plus d’effets bienfaisants qu’une désintoxication par les plantes ou un enveloppement d’algues », n’est par contre peut-être pas tout à fait exacte… Je n’étais pas revigorée en terminant le livre, mais plutôt un peu triste… Est-ce parce que je suis moi-même en train de me demander si je veux exercer ce métier et que ce livre ne m’y encourage pas? Est-ce parce que je n’ai pas l’habitude de côtoyer un personnage aussi frustré que Martine?

Chapeau à Maia Loinaz pour ce livre original, qui fera enfin entrer le grand public dans l’univers méconnu de la massothérapie! Si chacun des chapitres fait un clin d’oeil à un article du code de déontologie de la FQM (Fédération québécoise des massothérapeutes), c’est dès la préface que l’auteure aborde le don de soi, un thème que l’on ne rencontre pas souvent en littérature et qui se retrouve à l’essence même de la profession de massothérapeute. On nous explique bien, lors de notre formation, qu’il faut être une personne équilibrée physiquement, moralement et psychologiquement dans la vie pour exercer la massothérapie; mais on ne s’attend certainement pas à se questionner autant sur soi-même en voulant donner aux autres…

Finalistes au prix Émile-Nelligan 2009

telethons     Un petit billet qui n’était pas prévu, mais puisque mes interventions poétiques sont trop rares par ici, pourquoi pas…

     Depuis 1979, on remet chaque année le prix Émile-Nelligan accompagné d’une bourse de 7 500$ à un poète de moins de 35 ans ayant publié un recueil dans l’année en cours… Claude Beausoleil (1980), Anne-Marie Alonzo (1985), Élise Turcotte (1987,1989), Tony Tremblay (1998), Kim Doré (2004), Renée Gagnon (2005) et Danny Plourde (2007) ne sont que quelques noms parmi les excellents poètes qui l’on reçu au courant de toutes ces années…

      Les finalistes de cette année viennent d’être dévoilés : Catherine Lalonde pour Corps Étranger (Québec Amérique), François Turcot pour Derrière les forêts (La Peuplade) et Marc-Antoine K. Phaneuf pour Téléthons de la Grande Surface (Quartanier).

     Je vous avais déjà parlé de Marc-Antoine, qui est à la fois artiste et poète, et je suis vraiment heureuse de sa nomination! Non seulement parce que c’est un ami vraiment dévoué dans le milieu, mais aussi parce que sa poésie (que je n’ai, pour ma part et contrairement à d’autres, aucun problème à qualifier de « poétique »!) détone véritablement de ce qui se fait présentement. J’avais adoré son premier recueil à la fois pimpant et audacieux à la couverture rose fluo Fashionably Tales; et les Téléthons de la grande surface, malgré que ce soit des listes de « name-dropping », je les ai dévorés en une petite heure! Je vous les suggère tous les deux… Et félicitations Marc-Antoine pour cette belle nomination!

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