Beautiful Coney Island (N.Y.)

À partir de notre joli quartier de Greenpoint (Brooklyn), nous prenons le métro ligne G puis ligne F jusqu’à la station « Coney island/Stillwell Av »; le trajet prend au moins une heure, mais mon chéri est tout excité parce que la ligne de métro sort de terre, et nous offre une vue splendide du paysage qui nous entoure (il a raison de l’être!).

Coney Island, c’est un morceau de poésie américaine situé tout au sud de Brooklyn, où une plage de sable fin (et de quelques morceaux de vitres, ouch!) donne directement sur l’océan Atlantique. Je ne sais plus où mettre la tête dès ma sortie de la bouche du métro, entre les vieux stands de crème glacée, les comptoirs qui mêlent le fast food au blé d’Inde et à la barbe-à-papa, les manèges d’acier peints dans des couleurs vives qui me rappellent « la petite ronde » qui s’arrêtait chaque année dans la cour de l’arèna municipale quand j’étais petite… Mais il y a plus encore; par où commencer?

Face à nous, de l’autre côté de la rue, les Nathan’s Famous hot-dogs sont installés depuis 1916, et c’est là, chaque année, qu’a lieu le célèbre concours du plus grand mangeur de hot-dogs, dont j’ai déjà entendu parlé, me semble-t-il, comme s’il s’agissait d’une légende…

À ma gauche, les restes de l’Astroland (et sa fameuse montagne russe Cyclone, qui fête en 2008 ses 81 ans!) et du Deno’s Wonder Wheel Amusement Park (dont la grade roue a été inaugurée en 1920!) me transportent inévitablement dans une autre époque; laquelle? Paraît-il que Coney Island dépérit depuis les années 50; chaque décennie s’y est éteinte à un endroit ou un autre du parc, et y a laissé un artefact. Ici, la machine où un mannequin « diseuse de bonne aventure » quelque peu dévisagé ne prédit plus l’avenir; là-bas, j’essaie de gagner à l’arcade un porte-clé avec la photo de Dylan dans 90210... Parmi d’anciens chevaux que l’on actionne à coups de 25 sous, de vieux jeux déglingués fonctionnent à peine mais restent là, comme pour témoigner du temps qui passe. C’est décomposé, grafigné, parfois totalement laissé à l’abandon, mais comment expliquer; on aime…

En se rendant vers la plage (il fait sûrement une trentaine de degrés celsius), nous croisons une apeurante machine distributrice à hot-dogs casher (qui fonctionne – hum – sans même un léger bruit de réfrigération…), puis la célèbre Beer Island, où sur un plancher de sable et de tables à parasols, il est possible de déguster les bières Coney Island Craft lagers, aux images de plusieurs freaks bien connus du Circus Sideshow. L’idée de voir un homme à moustache se rentrer un clou dans le nez (et même une perceuse,  brrrr…) ne me charme pas particulièrement, mais puisque cette chance unique ne risque pas de se présenter à nouveau, pourquoi pas… 

Dans un théâtre de garage oscillant entre le bricolage, le petit budget, le professionnalisme et la bonne humeur, nous verrons en prime, une excellente cracheuse et avaleuse de feu, un homme-crabe texan, une mademoiselle qui conduit l’électricité et une avaleuse d’épées; mémorable… Nous apprenons du même coup que les freaks de l’endroit se sont appropriés tout récemment la bâtisse de leur théâtre; malgré le triste sort qui attend sûrement Coney Island, le Circus Sideshow ne disparaîtra pas…

Sur l’immense quai qui sépare le vieux parc d’attractions et une baignade dans l’océan, il reste encore, entre les marchands de ballons de plage, de t-shirts, et d’un fast food américain qui provoque toute une frousse à mon pauvre foie, le stand de Shoot the freak: live human target, où il est possible de tirer à plusieurs, de façon très conviviale, au paintball sur une seule et unique cible vivante…

Plusieurs affiches nous annoncent que dans quelques jours aura lieu le concours de « la plus belle moustache ». Depuis 26 ans, ce coin historique de Brooklyn est aussi réputé pour présenter en juin sa célèbre Mermaid Parade, où les gens se déguisent en toutes sortes de créatures de l’océan… On nous dit aussi que c’est à Coney Island, en 1903, que l’éléphant Topsy a été électrocuté devant plus d’un millier de personnes par Thomas Edison (et on vend encore des t-shirts à la mémoire de l’éléphant…) À chaque année, c’est la même histoire; les new yorkais ne savent pas ce qui adviendra de Coney Island… Même porteur d’une histoire qui remonte au XIXe siècle, on présume à chaque printemps que le lieu sera rasé pour un projet de condominiums de luxe… Mais ça n’est pas encore fait; ça se décompose, ça rouille, ça clinque et c’est super…

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